Actuellement à l’affiche du “Rire de ma mère”, rencontre avec la comédienne québécoise Suzanne Clément, fidèle du cinéma de Xavier Dolan (“Laurence Anyways”, “Mommy”), et de plus en plus souvent à l’affiche de films français (“Le Sens de la fête”).

AlloCiné : Vous tournez de plus en plus souvent dans des films français. Est-ce une volonté de sa part ? Est-ce parce que vous avez davantage de propositions françaises ?

Suzanne Clément, comédienne : C’est un peu des deux. C’est à la fois une volonté de ma part parce que les occasions se présentent. Mais je l’ai choisi aussi. Je crois que vivre la moitié du temps en France fait aussi que ça me donne de plus en plus envie de travailler ici. Les propositions sont intéressantes.

Le cinéma français est particulièrement inspirant pour vous ?

Oui, il y a plusieurs facettes. C’est vrai que le cinéma français est très inspirant. Il y a d’ailleurs plus de films qui se font certainement chez vous que chez nous au Québec, même s’il y a quand même beaucoup de productions au Québec par rapport à la population. Mais oui, il y a des trucs qui sont différents dans la façon d’aborder les histoires. On a certainement, nous, un mélange d’un côté européen et un côté américain dans la façon de raconter les histoires.

La France évidemment a une histoire du cinéma qui est passionnante. D’une certaine façon, d’en faire partie, c’est très attirant, un peu mythique même. Il y a une façon de raconter les histoires qui est un peu différente et qui m’attire. La rencontre avec le réalisateur et les acteurs compte beaucoup, avant même de faire le projet qui normalement chez nous passe par les auditions, les essais. Alors qu’ici, c’est beaucoup plus la rencontre.

J’ai l’impression que le projet souvent évolue selon les interprètes qui ont été choisis, même les rôles. L’histoire peut évoluer en fonction de ce qu’il se passe pendant le tournage. C’est peut être un peu moins figé. Il y a plein de raisons qui font qu’il y a même peut être un côté un peu exotique pour moi, qui est bien. C’est comme partir en voyage. Il y a des facteurs qui font que l’expérience devient plus exotique, audacieuse.

Y a-t-il des réalisateurs français qui ont particulièrement compté dans votre cinéphilie ? Des acteurs, actrices peut être aussi ?

Oui, c’est intéressant parce qu’il me semble qu’avant on avait même plus de cinéma français sur le grand écran chez nous. J’ai été marquée par Les uns et les autres [de Claude Lelouch]. C’était un vrai coup de cœur quand j’étais jeune.

Oui, il y a eu des actrices aussi : A nos amours, ce film et cette actrice, Sandrine Bonnaire, que j’ai suivi. Après, il y a eu Isabelle Huppert. La Cérémonie de Chabrol avec Huppert et Bonnaire. Il y a Romy Schneider, Yves Montand, Simone Signoret, Jean Gabin… Il y en a plein. Il y a ça et le cinéma italien aussi un petit peu dans mon adolescence.

Quel a été le moment un peu charnière pour vous par rapport au cinéma français ? Dès Laurence Anyways, ou plutôt Mommy ?

Ce sont deux moments charnières, oui. Avec Laurence Anyways, j’ai été en contact avec celle qui est maintenant mon agent, Elisabeth Tanner. Don ça a été une rencontre importante et déjà il y a eu des propositions. Par exemple pour Le Rire de ma mère, on m’a dit qu’ils avaient pensé à moi avant Mommy, mais maintenant que Mommy a cette reconnaissance, on peut encore plus t’approcher car il y a un truc plus public qui est possible pour la production.

Est-ce que Mommy est le film dont on vous parle le plus ?

C’est vrai que la notoriété de Xavier, du film, a été vraiment exceptionnelle par rapport à ceux d’avant. Ca a été une vraie gradation pour l’œuvre de Xavier ici. Et du coup avec Mommy, c’est assez incroyable et assez merveilleux comme actrice de recevoir des commentaires, en général, assez positifs, même des gens du métier qu’on admire, c’est hyper touchant.

Le Rire de ma mère est un premier long métrage. Il y en a beaucoup dans votre filmographie. Est-ce que c’est quelque chose auquel vous prêtez attention ?

Oui, ce sont de belles expériences, de belles rencontres. Ce n’est pas quelque chose de trop réfléchi, et en même temps, c’est probablement que je n’ai pas de blocage non plus, c’est vrai. C’est plus parce que la rencontre se fait que ça devient évident. Mais c’est vrai qu’il y a un truc intéressant quand même d’être avec quelqu’un en l’occurrence deux réalisateurs ici qui cherchent, qui sont probablement aux aguets de trouver leur signature. Il y a peut être un truc intéressant là-dedans.

Qu’est-ce qui vous a particulièrement attiré avec Le Rire de ma mère ?

Ce personnage me rappelait un peu de beaucoup de gens et un peu de beaucoup de moi. Il y avait donc une parenté pour moi. Il y avait un truc à explorer, même à revisiter, d’expériences de vie…  Il y avait plein d’échos pour moi dans ce parcours de femme qui faisait que j’avais vraiment envie de le faire. Dans le lien avec le fils, j’ai été touchée par des gens autour de moi dans des situations un peu semblables. Après, il y a eu la rencontre avec les réalisateurs et ça a été évident.

Dès la première discussion, ça a été hyper vrai, hyper chouette, et en même temps, j’aimais les références qui les habitaient pour le film. Dans leurs références, il y avait par exemple des choses un peu plus légères comme Little Miss Sunshine, où l’on se disait qu’il faut du soleil !   

Vous serez prochainement à l’affiche d’une adaptation de Raoul Taburin…

C’est une histoire écrite et dessinée par Sempé. C’est une toute jolie histoire qui en dit beaucoup plus que la légèreté qu’elle nous laisse croire au départ. Déjà dans les dessins, il y a une légèreté, une douceur, une candeur dans les personnages. Une joliesse. Et puis quand vous regardez vraiment, il y a beaucoup d’humour et aussi beaucoup de travers humains. Nos petites colères de ne pas être aussi grand qu’on ne voudrait l’être, nos grands désarrois… Tout ça fait partie de Raoul Taburin. Ca a été un magnifique tournage avec deux grands acteurs, Edouard Baer et Benoit Poelvoorde . Ils ne pouvaient pas faire un choix plus judicieux. L’histoire parle aussi d’une grande amitié. J’ai très hâte de voir ce que ça va donner.

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Le Rire de ma mère : “Un hymne à la vie” selon Pascal Demolon

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