Dans une interview accordée à Konbini, Nadège Beausson-Diagne est revenue sur cet épisode douloureux et sur ses conséquences.

“J’ai eu l’impression de mourrir”. Le récit est bouleversant. Près de quarante ans après les faits, Nadège Beausson-Diagne est revenue pour Konbini sur les viols qu’elle a subis alors qu’elle n’avait que neuf ans. Dans un entretien intimiste, l’actrice de 48 ans est revenue sur la douleur “qu’elle ressent encore” et sur les séquelles que son responsable a laissées? dans sa vie. “Quand j’avais neuf ans, j’ai été violée par Michel, que j’appelle Michel le bâtard, se remémore l’actrice. La première fois, parce qu’il y a eu plusieurs viols, j’étais à la maison avec mon frère. Lui, il était censé nous garder […]. Il m’a prise sur ses genoux, a mis sa main sous ma jupe, puis dans ma culotte, il m’a pénétrée digitalement. Je peux vous dire, alors que c’était il y a bientôt quarante ans, que je me souviens de la douleur. J’ai eu l’impression de mourir”.

Touchée par une amnésie traumatique, l’ex-interprète de Sara Douala dans Plus belle la vie a gardé le silence pendant des années avant d’évoquer publiquement pour la première fois son histoire il y a un an dans le cadre du mouvement #Jesuisvictime, né en réaction face à l’attribution du César de la meilleure réalisation à Roman Polanski. L’amnésie traumatique enferme tout ce qui s’est passé dans votre cerveau pendant l’agression, elle occulte tout. (…) J’ai mis environ vingt ans à sortir de ça et à pouvoir mettre des mots sur les maux que j’avais subis”. Et d’ajouter : “Quand on demande pourquoi les victimes n’ont pas parlé avant, je trouve ça d’une violence extrême. Parce que cette agression, elle n’est pas consciente.

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Trente ans pour trouver la paix

Tentatives de suicide, boulimie, conduite à risque… l’actrice engagée contre les violences sexuelles revient sur son parcours douloureux qui a suivi cette prise de conscience. “Je ne sais pas combien de viols j’ai subi, mais je sais que j’ai subi des guerres dans mon corps. (…) J’ai mis trente ans à trouver la paix.” La comédienne à l’initiative du mouvement #Metoo dans le cinéma africain révèle également avoir été victime de viols et d’agressions sexuelles lors de plusieurs tournages lorsqu’elle était adulte. Elle conclut en rappelant : “Les violeurs sont les uniques responsables des viols”.

Article écrit en collaboration avec 6Médias.

Crédits photos : Stephane Lemouton / Bestimage

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