“Le tourbillon de la vie”, pour paraphraser le titre de la fameuse chanson que son époux l’écrivain Serge Rezvani écrivit pour Jeanne Moreau (et qu’elle chanta dans Jules et Jim), a emporté au loin Marie-José Nat : l’actrice française, mémorable notamment pour son rôle dans Elise ou la vraie vie, est morte à l’âge de 79 ans le jeudi 10 octobre 2019. Son agent a fait savoir à l’AFP qu’elle avait succombé à une longue maladie.

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Bonifacio, où elle est née et où elle vivait avec Serge Rezvani (91 ans), qu’elle avait épousé en 2005 en troisièmes noces, doit pleurer l’enfant du pays, cette “chèvre corse” – comme elle se qualifiait elle-même – animée d’une “volonté farouche de réussir“. C’est ainsi que cette fille d’une bergère corse et d’un père militaire kabyle avait quitté l’Île de Beauté qui l’avait vu naître (à Bonifacio) puis grandir (à Ajaccio) au sein d’une fratrie de cinq pour forcer le destin.

De “Nat” à “Elise”

Marie-Josée Benhalassa, de son vrai nom, part ainsi à la conquête de son rêve de devenir actrice et débarque à Paris, où, après un premier “rôle” dans un roman-photo dont elle tirera son pseudonyme (son partenaire la surnomme “Nat” en raison des tresses qu’elle arbore), elle s’inscrit au prestigieux cours Simon. Et où sa famille la rejoint bientôt. “Je voulais à tout prix être comédienne, même si mon père n’y croyait pas vraiment. Il m’avait dit : “Ça ne fait rien si tu perds, nous aurons fait un beau voyage depuis la Corse”“, confiera-t-elle plus tard, dans des propos rapportés aujourd’hui par l’AFP.

Contemporaine de Michèle Mercier, Marina Vlady ou encore Nicole Courcel, Marie-José Nat peine à se faire remarquer, mais est repérée par le réalisateur Georges Lampin, qui la dirige en 1956 dans Crime et châtiment avec Bernard Blier, son premier film. Trois ans plus tard, elle se voit confier par le réalisateur Denys de La Patellière son premier grand rôle, campant la fille de Jean Gabin dans Rue des prairies, avant, en 1960, elle défie une certaine Brigitte Bardot, sa soeur et rivale devant la caméra d’Henri-Georges Clouzot dans La Vérité.

Sa rencontre avec Michel Drach est ensuite déterminante puisqu’il devient dans les années 1960 son mari (le deuxième, car elle a précédemment vécu une brève union avec le comédien Roger Dumas) et le père de ses trois enfants (David, Aurélien, Julien), mais aussi parce qu’il lui offre, de 1961 à 1977, quelques-uns de ses plus beaux rôles : Amélie ou le Temps d’aimer, La Bonne Occase, Safari diamants, Les Violons du bal, Le Passé simple ou encore Élise ou la vraie vie, sans doute l’un de ses films les plus marquants, consacré à l’histoire d’amour d’une jeune fille avec un militant algérien du FLN, à une époque où la guerre d’Algérie est encore un sujet extrêmement sensible. Quant à l’autobiographique Les Violons du bal, il lui vaut en 1974 le prix d’interprétation au Festival de Cannes.

L’ultime amour…

Parallèlement à ses collaborations avec Michel Drach, Marie-José Nat met au cours des années 1960-1970 ses talents et sa beauté au service d’autres réalisateurs, comme Gérard Oury (La Menace, en 1961, avec Robert Hossein), Alexandre Astruc (L’Éducation sentimentale, en 1962, avec Jean-Claude Brialy), Claude Autant-Lara (Le Journal d’une femme en blanc, en 1965, avec Claude Gensac), Michel Boisrond (Dis-moi que tu m’aimes, en 1974, aux côtés de Mireille Darc et Jean-Pierre Marielle). Après avoir tourné pour Jean-Pierre Mocky dans Litan en 1981, elle s’éloigne du cinéma, mais joue au théâtre, notamment dans Désiré face à Jean-Claude Brialy et Voisin voisine en compagnie de Victor Lanoux, avec lequel elle vivra une romance pendant quelques années. Elle revient ensuite sporadiquement au grand écran au cours des années 1990 dans plusieurs coproductions internationales.

Elle signe en 2003 son dernier rôle au cinéma en incarnant le personnage-titre du film Le Cadeau d’Elena de Frédéric Graziani (avec Michel Duchaussoy et Vahina Giocante), mais reste active encore quelques années à la télévision, où on a pu précédemment la remarquer dans la série Les Gens de Mogador (1972) ou le feuilleton de l’été Terre Indigo (1996). On la voit par exemple dans Colette, une femme libre (2004), de Nadine Trintignant et avec Marie Trintignant pour héroïne – son dernier rôle avant sa mort. Sa dernière apparition télévisée a lieu en 2015 dans le téléfilm Les Blessures de l’île (d’Edwin Baily, avec Stéphane Freiss) diffusé sur France 2.

Marie-José Nat, chevalier de la Légion d’honneur depuis 2006 (distinction reçue des mains de Jacques Chirac), s’était remariée en 2005 avec Serge Rezvani, de douze ans son aîné et, tout comme elle, veuf suite à la mort de Lula (Danièle Adenot), l’amour de sa vie, à qui il était marié depuis 1952. “Je suis amputé. Je ne refais pas ma vie, je la continue autrement…“, dira-t-il à propos de ce dernier mariage qui lui inspirera l’ouvrage Ultime amour.

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